23 lignes

Vingt-trois lignes est la longueur d'un article, disons commun, dans la presse. Enfin, quand la presse était encore et uniquement imprimée. Ne me demandez pas où j'ai lu cela. Dans un roman. Je ne sais lequel. Mais assez récemment, tout en me disant ah ! oui! je le savais. C'est presque aussi le nombre de lignes d'un carnet "créatif" (22 et 23 si on compte la ligne d'un pseudo-titre) sur lequel j'ai décidé d'inaugurer, à la page 23 d'ailleurs, ces histoires de rien; elles doivent tenir en 23 lignes tout juste.

Cesena, Italie
photo Antonella Minervino
Une silhouette derrière la vitre d'une fenêtre au dernier étage d'un immeuble anonyme en briques de terre cuite. Dans le coin en haut à droite. Presque inaperçue dans la béance de quatre fenêtres vides, amorphes, répliques d'elles-mêmes, soulignées par une même jardinière rectangulaire, terre cuite sur terre cuite, ourlées de plantes-murailles. Si je n'avais pas contemplé sans les voir ces quatre grands yeux aveugles, la silhouette serait restée invisible. Comme je l'épie, elle me fixe. Elle épie interminablement. Elle attend qu'un regard s'arrête, interroge ces quatre grands yeux vides et voie. Elle. Cette silhouette impassible, immobile. Mannequin de bois témoin de nos vies muettes.

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